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Duvet? Non, moustache drue. Épilation? Non, séance de torture et 24 heures de chair de poule. Ménage? Nulle! Blonde, brune? Non, grise.
Je ne sais pas me retrouver dans les moules. J’avais une amie un jour qui est partie sur un trip césarienne, n’ayant même pas encore conçu une étincelle dans son regard. Comment expliquer l’inexplicable devant le mercantilisme et la peur de la souffrance? J’avais envie de dire: » ma chérie, attends de jouir pour concevoir avant d’avoir peur que ton bassin et vagin ne s’élargissent. »
Mais, bon, à chacune son corps.
Le mien? Je l’apprivoise. Du bonnet C avant les enfants et l’allaitement au DD, j’hésite entre le mal de dos, les épaules crevassées ou le retour au C. C’est comme les mecs et les amours perçues juste pour raconter. Je suis devenue allergique au discours empreint d’onanisme centré sur soi du genre ah ce que j’ai joui, aimé et souffert que j’en suis grandie. Si toutes les femmes devaient se raconter, nous devrions faire preuve d’humilité.
Mettez cela sur ma ménopause, mes 51 années bienheureuses et le fait que les amours ont toujours été un accessoire dans ma vie. Et j’en ai eu des hommes dans ma vie. Seulement, entre les bras cassés, les gigolos et le reste des mecs bien (rassurez-vous, ces derniers furent bien plus nombreux et sont restés de bons amis).

Il y a 23 ans, Moul Cigare demandait ma « main » à mon père. J’étais choquée car il aurait pu me demander avant, mais bon structuralisme culturel quand tu nous tiens. Puis, Abi me posa la question:  » tu l’épouses par amour? ». Non, j’allais épouser Moul Cigare parce que je savais qu’il serait le meilleur père pour mes enfants, le compagnon sur qui je pourrais toujours compter, le terroir de ce qui sera à venir. L’amour, oui, mais l’amour est un chemin hasardeux, un sentier fait de mille embûches. Se supporter est un défi, alors vivre à deux requiert patience, écoute, respect et constante séduction. Aimer à 20, 30, 40, 50 et au-delà c’est facile de vivre la passion. Le chaud le froid, mais le faire durer, se montrer conciliant, passer à travers les crises, c’est pour moi plus important que les crises existentielles dont personne n’est immunisé.
Je suis rapace, je ne lâche jamais le morceau, je refuse les compromis quand il s’agit d’éthique, je suis le paon dans la horde de pingouins et je donnerai ma chemise pour voir quelqu’un sourire.

J’allais parler plus longtemps, mais une semaine magnifique au musée a eu raison de ma volonté. Et la foudre s’abat juste sur le toit.