Il fait plus que 26C dans la cabine. Presque toutes les femmes sont emmitouflées. La jeune femme à côté a entre les mains la prière du voyage. Un couple discute du comment mettre une veste sur les valises.
Les titres des journaux sont maigres.
Contrairement à d’autres compagnies, on fait encore la démonstration, si seulement la nana qui lit la prière prêtait attention.
Tous les hublots sont maculés. Waw, on ne nettoie plus durant les escales?
L’appartenance? Je ne la ressens plus de cette manière, c’est tout au plus un souvenir lointain. Je ne m’intéresse plus à la politique qui m’est devenue aussi lointaine que celle de la France. Cette distance et ces absences font que je réalise que je vis dans la proximité; le reste m’importe peu. Pourtant, on dit de moi que je suis très Ramocaine.
Au moins deux gilets de sauvetage sont hors de leur boîtiers sans compter un boîtier dévissé. Ce qui me frappera en arrivant, me dis-je, ce seront les visages et la verdure. Si le Ramocain est rieur il a souvent ce visage sérieux indémontable avant le premier abord.
Le film égyptien à l’aller. La même nourriture comme si nous refusions le sevrage. La sempiternelle truite du Moyen Atlas.
Le summum de la classe: la chemise Burberry et le summum de la crasse les achats de Boeing alors que des Bombardier ou des Airbus auraient été plus confortables, plus modernes! Le cinéma ne marche plus une fois encore déjà qu’à l’aller on nous a imposé un film égyptien et bein là, walou 8 heures de vol et il fait chaud! Il me semble qu’un assez long courrier se doit de s’assurer que tout marche au sein de l’appareil.
Je rêve de mon père quand la voix tonitruante du commandant de bord nous ordonne de rester calmes et de mettre nos gilets de sauvetage, non nos masques avant.