au-dela-du-dome


Une envie folle d’écrire plusieurs billets sur mes différentes smalas. Ma conscience m’en empêche. Une envie folle de tout casser, mon foutu sens de la diplomatie et cette foutue province m’en empêchent. Une envie folle de tout décortiquer, déconstruire à haute voix, toujours la maudite province! Une envie folle de repartir en vacances là tout de suite, le sacré boulot et les responsabilités m’en empêchent. Une envie folle de finir mes histoires, la timorée idiote que je suis m’en empêche.

Les saisons. Folles, belles, orageuses, douces, pluvieuses ou ensoleillées, sereines ou mouvementées. Les saisons façonnent, modèlent et nous plantent.
Nous ne sommes pas des plantes, alors à quoi bon s’enraciner? Il faut croire que chacun de nous y va de sa propre conception de la vie. 
Je ne questionne plus, me suffit de vivre chaque instant sans trop me poser de questions. 
Les jours,tantôt ombragés, tantôt ensoleillés. Les nuits, étoilées. 
Les étoiles ne se demandent pas ce que nous faisons ici-bas, elles se contentent de nous montrer le chemin.
So, is there a cure?
A cure for what? To ease up the pleasure of living? And who wants to be cured of life,anyway? 


La fiction est souvent prévisible, la réalité est tout simplement fascinante. Pourquoi?
 Parce qu’il suffit de prêter attention aux êtres qui nous entourent, à ceux dont nous croisons le chemin. Leurs parcours sont pour la plupart hors du commun que bien des artisans de fiction aimeraient explorer, relater, conter.

Fiction ou réalité? Who cares, c’est le printemps et rien ne vaut le vol des colibris qui arriveront bientôt, le vert tendre des feuilles, l’éclosion des premières fleurs et l’enivrant parfum des lilas

-Oui, mais la fiction est aussi invitation au voyage. Alors, où est le problème?
-Nulle part, voyons-donc.
-Si, si, tu es en pleine réclusion, tu n’écris plus.
-T’as déjà entendu parler de contentement?
-Celui des idées ou du ventre?
-Les deux, l’un ne va pas sans l’autre.
-Oui, mais moi je t’imaginais prendre les armes, te mettre à mitrailler sur tout ce qui bouge, ce qui ne fait pas ton affaire. T’exprimer quoi?
-Haha! Si j’ai bien compris la parole se doit d’être une arme, le mot se doit d’être javelot. On ne peut pas parler pour parler ou écrire pour écrire? Je n’ai jamais été une militante ou du moins je ne conçois pas le militantisme de cette façon.
-Mais, c’est toi qui disais que parler pour parler te montait au nez.
-Justement. Mais il ne s’agit pas de parler, mais de relater. Pas la même chose. Si je te parle de machin chouette qui a dit ce que l’autre a colporté sur le dos de l’autre qui n’est même pas au courant. C’est parler pour parler. Mais si je te raconte une histoire sans pour autant tirer une conclusion c’est parler pour relater.
-Oui, mais un journal c’est fait pour exprimer une opinion.
-Bein, moi je ne les exprime pas en public mes opinions. Personnellement, je ne trouve pas que cela changerait grand-chose. Alors, je préfère raconter des bribes d’histoires.
-Et ce voyage?
-Un voyage comme les autres, en somme.
-Bein, raconte!
-C’est une sensation de déjà vécu. Comme si tout recommençait, mais que le coeur n’y est plus.
-Tu racontes n’importe quoi!
-Mais, non. Je te jure qu’à bien y penser je me demande si cela vaut la peine.
-Tout vaut la peine.
-Bein, tu vois, je me le demande.
– Oui, mais toi t’es trop cérébrale, tu décortiques tout.
– J’ai décidé d’être un canard et de laisser l’eau couler sur mes plumes.
– Oui, mais ce qui se passe devrait t’outrer, te sortir de tes gonds!
– Il est révolu ce temps. Alors, je préfère le silence des mes exils volontaires, c’est plus simple et pas mal plus détaché.
– Tu n’as donc rien à dire?
– Si, mais je n’ai aucune envie de le dire. »

Bon, je vais m’enfermer, me faire moins volubile et apprendre à écouter le brouhaha de l’intérieur.

Tigre de papier (L’aventure, c’est l’aventure)