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© AFP/FETHI BELAID

L’abject assassinat de Chokri Belaïd aujourd’hui à Tunis nous laisse sans voix car cet acte criminel aurait pu être évité si maître Belaïd avait bénéficié d’une protection des services sécuritaires tunisiens. Malgré son jeune âge, Chokri Belaïd avait connu les geôles sous Bourguiba et Ben Ali. En faveur d’une Tunisie laïque et dénonçant la mainmise des islamistes sur les structures étatiques, Belaïd était devenu l’un des ennemis de la branche radicale d’Annahda. Pas plus tard que la semaine dernière et lors d’une de ses prises de parole au court d’un meeting du Parti des Patriotes Démocrates Unifié (PPDU), des islamistes ont brisé par jets de pierre la devanture de la maison de la culture du Kef.
Dénonçant la violence et pointant du doigt le laxisme des Ministère de la Justice et de l’Intérieur face à la recrudescence des méthodes d’intimidation et de violence orchestrées, une coalition de partis avait lancé un appel afin de tenir un Congrès national contre la violence envers les formations politiques et les syndicats.

L’assassinat de Chokri Belaïd est une tentative d’assassinat de la démocratie.

Hier lors d’un échange avec une connaissance, nous débattions de la connotation donnée à l’adjectif « radical ». Est radical tout mouvement menaçant de mort des personnalités publiques ou des citoyens, est radical tout mouvement ou personne prêchant la haine, la discrimination. Est radical tout mouvement, gourou ou individu niant l’individualité au nom d’une religion ou d’une croyance.

J’ai failli demander à mon interlocuteur d’hier si ces énergumènes n’étaient pas des radicaux, car il semblerait qu’entre nous il est possible d’en parler ainsi, mais qu’une fois devant l’Autre (lire L’Europe, Les USA, je refuse de dire l’Occident puisque le Maroc est dans sa définition le plus à l’ouest), il nous faut revêtir un autre habit et un autre discours.

Il me semble que quiconque a toléré les propos sur cette vidéo et dans d’autres meetings est automatiquement complice de l’assassinat de Chokri Belaïd.

Hier encore l’espoir nous tenait et nous espérions voir des dictatures tomber. Et aujourd’hui ceux qui les remplacent sèment la terreur dans leurs populations. Les Révolutions ne sont jamais faciles, certes. Mais, faudra t’il rester silencieux lorsqu’on tue? Faudra t’il laisser ces démagogues pourrir les aspirations légitimes? Faudra t’il regarder de l’autre côté quand ils instillent la haine et la discrimination? Faudra t’il rester silencieux lorsqu’ils polluent de messages haineux les esprits?

Jusqu’à quand devrons-nous nous résigner? Jusqu’à quand?