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Copyright La Lauze de La Porta

Cher Patriarche,

Tu ne nous as pas fait de cadeaux. Tu as épousé une sacrée belle femme parait-il, mais cela n’a pas empêché que tu te fasses passer pour son frère devant un tout puissant qui la convoitait. Premièrement, t’es allé sauver ton frère et sa famille de Sodome et Gomorrhe, la ville a été détruite. Ta belle-sœur à été transformée en statue de sel. Et je passe les tourments de tes nièces. Et puis, tu as erré, ensuite tu t’es fait un cheptel et tu as vu du pays. Et les années passèrent et elle n’enfantait point. Heureusement que des passants extraordinaires sont venus lui annoncer qu’elle enfanterait et que de vous sortirait une grande nation aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. Mais comme ta femme ne pouvait abriter la vie, il te fallait prendre concubine. Heureusement, il y en avait une qui venait du pays du puissant qui s’était entiché de ta femme et cette dernière te l’offrit afin que la prophétie se réalise. Tu as eu un petit garçon avec ta concubine. Et ce fut le moment de sceller l’Alliance. Du haut de ton âge canonique (ou peut-être confondait-on les lunes et les années ou était-ce dû à ton alimentation frugale) tu as décidé de te couper le prépuce, et celui de ton aîné de tous les hommes de ta tribu. Et presque quelques lunes plus tard (ou était-ce sept ou treize ans?) ta femme enfantait un petit garçon aussi (on passera sur la véracité du nombre exact des mois ou années écoulés, car c’est ce qui fait la magie des belles histoires) et il fut le premier à sceller l’Alliance au temps prescrit. Il fallait maintenir l’harmonie sous la tente alors tu as emmené ta concubine et ton premier fils ailleurs sous prétexte qu’on t’avait promis une grande lignée. Sa mère raconte t’on lui trouva une femme dans son pays natal et il eut un vaste territoire et fut même l’ancêtre d’une tribu qui fera la pluie et le beau temps des siècles durant.

J’adore les histoires et je trouve la tienne fascinante. Bon, mis à part que certains continuent l’Alliance en circoncisant leurs enfants mâles à huit jours ou à sept ans, je me demande pourquoi tu nous as laissé cette tradition de l’holocauste ou du sacrifice? Si c’est ton plus jeune qui devait être sacrifié, pourquoi donc seuls les Samaritains pratiquent-ils encore cette tradition du sacrifice de Pâque? Et pourquoi donc les descendants de ton second fils abandonnèrent la tradition, même si le bruit court que certains voulaient la maintenir? Et pourquoi donc les descendants de ton aîné y tiennent tant au point de faire de cette tradition un socle? J’ai encore tant de questions, mais j’attendrai de te revoir en songe avant de les formuler.

Signé M3iza, une brebis parmi tant d’autres

Le mouton de Panurge, Georges Brassens