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Ces derniers temps, la vie est sur le mode en partance. La semaine dernière, j’ai erré du côté de la plus vieille ville du Canada. J’en rêvais depuis un moment et mon rêve fut exaucé. Habiter un si grand pays et surtout les provinces maritimes est toujours un défi quand il faut se déplacer. Nous sommes trop peu nombreux pour bénéficier de vols directs donc pour atteindre Saint-Jean de Terre-Neuve, il faut absolument faire une escale quelque part et c’est souvent Halifax (Nouvelle Écosse) qui est notre lot à nous les gens de l’Atlantique. D’abord, on prend un Beechcraft 1900D et on survole le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse pour atterrir à Halifax. Un Beechraft est un avion à 18 places et le co-pilote vous accueille lorsque vous embarquez. Un vol sympa qui dure 45 minutes et où l’on a le loisir d’admirer les étendues plus bas.

Une trentaine de minutes et me voilà à bord de l’Airbus 320. Nous survolons la Nouvelle-Écosse durant une heure et quarante minutes, enfin il m’a semblé, car d’un j’étais fatiguée et de deux mon compagnon de siège était un vrai moulin à paroles avec un penchant pour le structuralisme culturel. Et puis le soupir de joie, j’allais enfin pouvoir fouler le sol de Saint-Jean de Terre-Neuve.

Ici, l’ouest est bordé du fleuve Saint-Laurent, mais le Rocher a aussi pour effet de bloquer le majestueux cours d’eau qui se déverse par deux endroits et à l’est l’Atlantique dans toute sa splendeur. J’ignore ce que les ports ont comme effet sur vous, mais ils me font vibrer. Et les îles encore plus. Les ports appellent à l’aventure et transportent ailleurs comme par miracle. Je me vois, pirate, écumer l’Atlantique. J’essaie d’imaginer comment les colons ont pu vivre et voire survivre à cet environnement et comment s’établissaient les rapports avec les habitants des Premières Nations. Une contrée visitée par les Vikings qui avaient même établi des habitations et ont certainement laissé des descendants sur le Rocher; les Portugais, les Anglais, les Bretons, les Normands et les Basques venir pêcher et repartir les embarcations chargées de morue. Et surtout Giovanni Cabotto, mieux connu ici sous John Cabot.
Ce qui est bien avec ces adorables Saint-Jeanois c’est qu’ils aiment vivre. Je vous dis, de vrais Antillais du nord. Malgré le climat rude, malgré la pauvreté d’il y a quelques années, ils sont généreux, attentifs et fiers de l’adversité.
Leus couleurs des maisons de la basse-ville, de plus en plus embourgeoisées, sont dit-on de plusieurs anecdotes. La première serait que parce que ce chaque pêcheur devait reconnaître la couleur de sa maison en approchant du port. La seconde serait qu’il était très difficile de dire à sa femme qu’on s’était trompé de maison en passant la nuit chez le voisin, lui aussi parti pêcher. La troisième serait que le climat rude et le brouillard quasi-présent faisait que les gens coloraient l’extérieur (un peu comme dans les pays scandinaves et aux Pays-Bas). Et enfin, la dernière serait parce qu’un marchand n’aurait pas payé les colons et qu’en saisissant la marchandise (de la peinture) chacun y allait du sien.

Bon, la suite quand j’en aurai le temps. Je ne fais que pointer comme la prolétaire que je suis 🙂