C’est fou comme le temps passe!  Jeudi, je suis allée porter le laptop de Scorsese à réparer pendant ma visite à Moncton.  Quelle ne fut ma surprise lorsqu’en entrant dans le magasin dédié aux produits Apple, je retrouve un grand ami dont j’avais perdu le contact.  Parce que nous dans le royaume de batata et lui par monts et par vaux.  Pendant ces secondes de surprise, est passé dans ma tête tout un film de souvenirs.  Québécois et arabisant, mon ami a voyagé, vu des pays (entre autres, celui de mes ancêtres) autrement. Cela prend du recul, parfois.  Je me souviens d’une amie qui avait aussi fait le même parcours et qui connaissait la région d’où je suis originaire comme sa poche.  À revoir mon ami et rencontrer son adorable bambin, j’ai réalisé (une fois de fois, je ne suis pas cave!) que la vie et ce qui vient avec sont loin d’être statiques et fort heureusement.

Ensuite, de belles voix heureuses au bout du fil du pays des ancêtres.  Le bonheur!

Et puis, les courriels échangés avec le personnel de l’hôtel à La Havane.

À quoi tient le bonheur?  À si peu, quand on y pense.  Une attention, une gentillesse, de la patience, de l’humour et un tant soit peu de politesse.

Je me demande souvent pourquoi je n’ai rencontré que des gens bien.  Bon, d’accord, faut toujours séparer l’ivraie du bon grain.  Parfois, je me laisse aller au jeu de la bonne intention du genre:  donner la chance.  Mais, à bien y penser, il faut au premier signe avant-coureur couper court.  Des exemples, non pas tellement.  Il y a la personnalité « propre » qui a emprunté en se faisant passer pour malade et ensuite pour chômeur.  Sa perte, not ours.

Et, quand le soleil se lève et qu’il nous est donné un jour de plus à vivre; who cares about the rest!

Une amie est partie vers cet ailleurs.  Une amie au coeur grand, toujours souriante malgré les aléas de la vie.  Son sens de la répartie, son intelligence hors du commun, sa bonté, sa générosité ont fait que je devienne une meilleure personne à son contact.  C’est ça, selon mon humble avis, le bonheur.  L’autre bonheur, on le construit une journée à la fois, un moment à la fois. Marlene, tu nous manqueras atrocement.  Merci pour tout.  You were a Queen and we thank you for it!

Et puis, il y a ceux qui me manquent.  Ceux qui sont ailleurs.  Et dans ce grand pays, devenu mien, tout le monde est aileurs.

Mais, le vrai bonheur ce n’est pas tant ça que de voir dans le regard d’un enfant tant de candeur que cela vous donne le goût de voler.