Au début, il fallait comprendre et si on avait la tête dure il se trouvait toujours unE volontaire pour faire avaler les préceptes. Puis, il y eut la déshumanisation, histoire de briser l’individualité. C’était sans prendre en compte son expression préférée, Siacará qu’elle répétait sans cesse. C’était devenu sa muraille, sa forteresse, sa protection. Tout comme le souvenir du vieux fou havanais sur le Malecón. Tout comme Mercedes qui survivait dans cet ancien immeuble colonial. Tout comme Kenia nommée ainsi parce que son père avait fait la guerre d’Angola. Sans oublier Belkis parce que son père aussi avait soigné des Africains. Elle en oubliait les discours du chef ou le visage du saint immortalisé lors des funérailles des victimes de l’explosion de La Coubre. Quelque part, elle en venait à confondre les noms et les époques, les professions et les origines. Elle n’était certaine que d’une chose, le batey lui rappelait encore aujourd’hui que l’esclavagisme était toujours de mise.