Enfant, je donnais du fil à retordre à ma mère quand il s’agissait de souliers. Elle avait beau tenté de me séduire en me parlant de confort et de durabilité de la chaussure Bata. Que nenni! Je la tirais par la main et nous allions soit sur l’avenue Mohamed V chez Scalli ou sur l’avenue Moulay Abdellah pour me chausser. Elle avait beau tenté, j’étais sur le sujet d’une intransigence dictatoriale Mea culpa. Elle en rit encore et cela donne des armes à ma fille à qui j’essaie d’apprendre qu’on peut être bien chaussée et confortable, elle dont les pieds plats devraient être dorlotés, mais qui ne sont heureux que dans une paire de Converse.
J’ai toujours eu un rapport quasi fétichiste aux souliers, non langues sales et esprits tordus, pas du tout dans ce sens là. Ceux que portent les hommes m’ont toujours fascinée. Ce n’est pas juste! Les hommes ont les plus belles chemises, les plus beaux pull overs, les meilleures coupes, les plus belles chaussures.
J’ai longtemps observé et tenté de comprendre les hommes en fonction de leurs chaussures. J’aimais ceux qui ne les portaient pas des journées d’affilée car tout le monde sait que porter une paire de souliers plus de deux jours de suite endommage le cuir vu que les pieds transpirent plus que n’importe quelle partie de notre corps. Une paire de chaussures dit beaucoup sur celui ou celle qui la chausse. Je l’avoue, j’aime les chaussures pour hommes. Tenez une paire Consul ou Derby peut changer un crapeau en prince charmant. Une paire Picadilly ou Yale donne un petit air nonchalent et sport à celui qui la porte. Quant au modèle Richelieu, en autant qu’il soit Berkeley ou Edward, je fonds littéralement devant tant prestance. Si la température n’est pas clémente comme aujourd’hui, je rêve de voir les hommes chausser des bottes Eaton. Les fins de semaines, pourquoi pas les imaginer portant un style genre Trawler.
Si je devais comptabiliser mes amours, je dirais que la majorité portait des Yale ou des Berkeley. Jusqu’au jour où je n’ai pas porté attention. Il portait des Stan Smith! Un peu de diversité et de rêveries dans un monde de brutes🙂
Ce que je chausse? En fait, comme disait quelqu’un: ‘La chaussure a beau être belle, mais si elle fait mal mieux vaut s’en débarasser’. Que d’ampoules et d’inconfort jusqu’à ce qu’une paire de Gabor m’apprenne le confort et le bien être.
J’ai divorcé des modèles italiens, parce que j’ai appris depuis le temps que je préférais marcher sur un nuage que souffrir à vouloir une jambe à la Marlene Dietrich.