Le problème avec les mots c’est qu’ils font parfois défaut et faux bond quand il s’agit d’exprimer l’inexprimable. Ils n’en font qu’à leur tête pendant que je m’efforce de les retenir.

J’ai passé la nuit à leur courir après, pour ensuite me retrouver l’esprit hagard et le regard vide. Ils ne viendront pas, ne se manifesteront pas. Pas maintenant, je le sais, je le sens. Non, il y a bousculade, immense bouchon dans ma petite tête. Ils fusent de partout, mais refusent de rester. Sitôt pensés, ils manifestent leur autonomie. Les mots sont en grève. Ils revendiquent de la passion alors que je ne peux leur offrir que de la sérénité en cette journée. Une course effrénée, dont je suis incapable de décider du parcours, les propulse à travers mes veines. Ils deviennent froidure et doute. Chaleur et espoir. Telle une statue, je subis leurs vents érosifs, leurs saisons imprévisibles, leurs averses printanières, leurs tempêtes de neige et de sable. Je ne suis plus que crevasses, gerçures et sillons. Tout n’est qu’appréhension face aux mots déserteurs. Et je me retrouve à espérer le moindre petit arc-en-ciel.

Like a tormenting nightmare
Words haunt me
Then fade away
While shouting at me
Fill the void
Fill the void

Bons baisers du Maroc