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Femme fatale, Pastel sec, 1982, 50 x 70 cm. de Dominique Beaudin

-Take off your mask/ Enlève ton masque.
I take off my mask/J’enlève mon masque.
-That’s better, light is perfect. Take off your glasses./Tu vois, c’est beaucoup mieux et la lumière est parfaite. Enlève tes lunettes.
I take off my glasses/J’ôte mes lunettes.
-Feeling better?/Te sens-tu mieux?
Should I feel better? Devrai-je me sentir mieux?
-Who are you?
Bon, là je vous avertis, je commence à perdre patience. Vous devriez le savoir que je n’aime pas répondre aux questions.
-Really? Nous pensions que….
Que quoi? Hein que quoi? C’est parce que je m’amuse à pianoter quelques lettres agencées qu’il faut du coup croire que vous avez mon portrait psychologique entre les mains!
Voix Off Elle a un passé qu’elle ne veut divulguer
Et voilà les amalgames qui commencent. C’est pas parce que j’aligne quelques mots qu’il faut nécessairement penser que j’ai vécu cela! Je n’ai pas de passé, j’ai des passés!
Voix Off Have we met before?
Only in your dreams, mate!
-Are you blind?
Blind to what?
-To this image you project.
Voix Off, celle de ma conscience cette fois-ci. Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop? Ton imagination un peu trop fertile les induit en erreur.
L’imagination devrait-elle servir de bouc-émissaire à l’autocensure? Si ma conscience me parle comme ça c’est qu’il est temps que je la change!
-Tu es une sans coeur!
Voilà! Tout de suite, les grands mots. Et en quoi suis-je impitoyable?
-Tu ignores les règlements et l’étiquette!
Says who?
-Le bon sens.
Mais qu’est-ce que le bons sens? Une recette concotée en vitesse maintenant pour m’empêcher de parler, mais de me mettre à nu?
-Oh Dear, dear, dear, on ne t’a jamais dit qu’il fallait te faire silencieuse parfois?
Et voilà, on n’échappe jamais au sois femme et nourris l’imaginaire.

Leonard Cohen, Who By Fire