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La Havane est une ville où plusieurs rivières viennent se jeter à la mer.  Anciennement nommée San Cristobal de la Habana, la capitale tire son nom de Habanagua ou encore du chef Habaguanex et porte à croire le nom de la capitale est d’origine taïno, une des ethnies des Antilles ou Caraïbes.  Cuba tire son nom de Cubanacan
qui signifierait là où la terre est fertile, mais certains disent que Colomb aurait donné ce nom à partir d’un nom portugais. Sante Fé est un ancien hameau de pêcheurs. Avec le temps, le petit hameau s’est développé pour devenir une municipalité.  Pour y arriver, il faut longer le Malecon, passer sous le tunnel, une bonne promenade sur la Quinta Avenida (ça ne vous rappelle pas une autre avenue célèbre?) et une bonne partie de Miramar.  Miramar est la municipalité la plus cossue de La Havane.  Ici, bien des maisons datent du temps où l’argent coulait à flot, où les propriétaires terriens habitaient, où les riches américains avaient leur seconde demeure et où Battista et cie régnaient.  Aujourd’hui, ces belles villas logent des ambassades, des diplomates, des compagnies et des étrangers.  Miramar est un coin carte postale, mais si isolé que je le fuis et espère à chaque fois que je n’y logerai pas. Puis, on longe le Club Habana, un petit club sélect, qui loge des étrangers, une marina et le meilleur club de cigares de La Havane.  Pas que les autres soient mauvais, c’est juste que leurs gérants n’ont pas l’expérience, la connaissance ni le savoir-faire du gérant de la Casa del Habano qui se trouve à l’intérieur du complexe.  Lui, il a grandi sur une ferme de tabac à Pinar del Rio,  était auparavant en charge de Cubatabaco.  Je repars toujours chargée de cigares, mais les meilleurs sont ceux de son cru.  Il est vrai qu’un Cohiba c’est bon, parfois je préfère un Montecristo ou un Punch Churchill, mais aussi un Romeo y Julieta.  Fumer un cigare en sa compagnie, c’est accéder au monde du savoir.  Il a toujours une anecdote à me raconter et j’adore lui faire raconter celle d’un prince du Golfe qui faisait semblant de ne pas comprendre l’espagnol jusqu’à ce qu’il vit la note. Il fait office d’ambassadeur du cigare partout dans le monde, mais aime rester chez lui à Cuba.   Tu comprends, tout est beau ici.  Ailleurs, c’est le désert.  Et puis, mon petit jardin me manque, les plantations de tabac me manquent, mes petits-enfants me manquent.  A la veille de chaque départ, j’imagine que l’avion s’écrase dans les Keys et que mon corps ne sera jamais enterré au cimetière Cristobal Colon ou ailleurs à Pinar del Rio.

Il fait beau, il est à peine 13 heures, mieux vaut marcher un peu, remonter l’avenue de Los presidentes.  C’est une large avenue divisée par une longue promenade aux arbres bien taillés où siègent des bustes ou sculptures de présidents latino-américains.  Ici, l’Alliance française a pignon sur rue et j’assiste à la sortie des classes.

La Havane est dotée de joyaux architecturaux.  On passe de Bauhauss à Haussman, à l’art déco ou l’elliptique au baroque.  On ne peut y rester insensible, chaque fois que le regard se pose sur un édifice c’est un instant de découverte magique.  La Havane me fait penser au centre-ville de Casablance, du moins les édifices.

Des jeunes filles posent devant les beaux édifices.  Je devine qu’elles doivent fêter leur Quinceanera.  Une tradition qui perdure malgré la Révolution.  Les parents épargnent des années durant pour offrir une fête de débutante à leurs adolescentes. Mon téléphone sonne, c’est Roberto, un ami de longue date.  Je lui raconte la scène en face de moi.  Il me répond que sa fille de sept ans en parle déjà.  Je lui réponds qu’il n’est pas si  mucho macho machito pour dire oui ou peut-être bien que oui.  Il éclate de rire en disant we will not abort the mission.  After all, when you’re fifteen life is beautiful.

C’est vrai, il a raison, à quinze ans la vie est belle.  La Havane m’engloutit, tout semble si loin maintenant.

Sur Caribe, Ay que felicidad