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Extrait de séqence du merveilleux Laberinto del Fauno de Guillermo del Toro,

Le labyrinthe de Pan


Une fois de plus, l’agitation s’empara du Dôme. Il y eut ceux qui complotaient au grand jour selon les dire de certains, les égarés selon ceux qui possédaient le savoir suprême à savoir vouloir se la couler douce sans trop de pensées déviantes. Il aura fallu d’une petite brêche dans le mur pour que la lézarde grandisse et menace notre société dirent-ils. Depuis quand avait-on le droit de penser tout haut ou encore d’écrire. L’écrit n’est-il pas signe d’intelligence? Comment se faisait-il que des moins que rien pouvaient par leurs écrits être lus et comment les intouchables avaient-ils le droit de parler? Ceux qui prirent la défense de ces pauvres hères furent intimidés et reçurent le quolibet de gauchistes réactionnaires.
Ailleurs dans un Dôme lointain, un chevalier grabataire ne trouva mieux que de prendre pour second une seconde tandis que le monde criait au scandale. Mais ceux des Dômes extérieurs n’allaient pas voter et le chevalier du camp adverse risquerait de perdre des plumes parce qu’il eut la mauvaise idée de ne pas s’allier à une amazone rompue à l’art politique.
Des tempêtes tropicales nées en Atlantique prirent une telle ampleur qu’elle se changèrent en ouragans et détruisirent tout sur leur passage. Dans un des petits Dômes où la corruption, la violence, l’érosion avaient atteint l’inacceptable, l’impact des vents fut tel qu’il fallut des semaines pour comptabiliser les morts enfouis sous la boue. Alors qu’une aide parvint à cette partie du monde, un autre Dôme aura reçu moins de publicité. Ses dirigeants dans un élan absolument incompréhensible décidèrent de taxer l’essence qui passa de .65 cents à 1.65, certainement pour reconstruire les 440 000 logis détruits et acheter les semis pour remplacer les récoltes détruites. Mais encore, comment expliquer la hausse aux habitants qui ne gagnaient que l’équivalent de 18 tomates par mois? Non pas qu’ils aient le loisir de polluer comme ailleurs dans l’univers que nous habitions. Puis dans un Dôme aussi large qu’un continent, les fortes pluies, ou moussons, une fois de plus causèrent ravages. Dans un Dôme voisin, un élu avec une bonne avance sur ses opposants plus pâles renvoya l’envoyé de l’empire grabataire et un voisin un peu gaga décida d’en faire de même avec un discours enflammé et improvisé devant une foule semblable à une peau de chagrin.
Pendant ce temps, dans le Dôme du grand ours on se préparait à achever un voisin qui voulait plus de redevances pour laisser passer une ressource épuisable. La seconde du chevalier grabataire n’hésita pas à dire que son Dôme pourrait attaquer la contrée du grand ours. Ce qui devrait, normalement, inquiéter les alliés de ce Traité des contrées du nord de l’Atlantique.
Ailleurs, les soldats violaient impunément des concitoyennes moins blanches qu’eux et d’autres s’amusaient dans une horreur à peine concevable à tuer des concitoyens parce qu’ils avaient eu la malchance d’habiter le nord ou le sud, enfin c’est selon.
Nous nous levâmes en silence avec des corps aussi lourds que celui de la vieille liseuse qui nous contait la vie en dehors du Dôme. Nous avions vieilli sans nous en rendre compte et nous nous demandions quand le soleil reviendrait pour que nous puissions une fois de plus rêver à d’autres horizons que ces lignes ternes que les Dômes nous imposaient.

Chers passants et passantes, chers nomades et voyageurs de longs courriers, l’humble nomade que je suis vous dis à bientôt. Ici ou ailleurs, les nomades finissent toujours par se retrouver. Quant aux sédentaires, je vous souhaite merveilleux voyages de l’âme et du corps. Mais, les voyages intérieurs sont toujours plus beaux. Continuez de creuser, peut-être vos gemmes finiront-ils par rejaillir (pour une fois que je peux me permettre un semblant de ..)

Je vous le dis en fleurs🙂 MWAH

Une petite chanson pour la route. Merci à mon fils à qui j’ai offert ‘l’album’ et dont l’interprétation m’émeut aux larmes.

No Bravery, James Blunt