Mots-clés

, , ,

Ce matin, le fleuve a revêtu la couleur de ton regard alors que le tien s’imprégnait des couleurs de cet Orient lointain. A la maison , tout va pour le mieux; comme si les enfants avaient tout d’un coup compris que nous devions former une équipe pour mieux garder la maison en ordre. Tout va pour le mieux.. Sauf pour les gouffres que tu laisses lorsque tu t’absentes.. Toi et nos fous rires, toi et ton adorable dandysme accompagné du botaniste, du jardinier et de l’amoureux de la terre. Toi et nos prises de bec légendaires. Nous, sur qui tout le monde a parié que notre histoire ne durerait pas un été. Toi, le père accompli, adorable, toujours à l’écoute de Scorcese et Chatamata de Khmiss Batata. Toi qui n’as eu cesse de les bercer, de me réconforter dans mes doutes d’être une mère et une compagne. Toi, qui as fait que je jette l’ancre sans me demander si d’autres chenals pouvaient voir le jour dans cette traversée qu’était ma quête de l’absolu. Toi qui as veillé mon père comme si tu étais de sa chair. Toi qui as remué ciel et terre quand Mia devait revenir. Toi qui passes l’éponge sur la douleur de mes mots et la volatilité de mes démons. Toi, qui ne t’arrêtes devant rien pour me laisser respirer. Toi, qui as si longtemps couvé maintes colères pour apaiser les miennes. Toi, qui du regard effaces mes exils intérieurs, mes retranchements et tout le charabia qui vient de la somme de ce que je suis. Toi, qui ouvres les portes de notre logis pour écouter les peines des autres. Toi, qui me dis souvent continue ils ne savent pas ce qu’ils ont entre les mains. Toi, encore toi et toujours toi. Si tu n’existais, il m’aurait fallu t’inventer.. Bref, tu me manques atrocement, tout simplement.. Parce qu’il faudrait inventer d’autres verbes pour te parler..