Well, y a des fois où je n’aime me souvenir que du sentier que je parcours dans l’obscurité. La nuit est bleue disait mon ami aujourd’hui disparu. L’autoroute est mon prolongement. Mon corps ne me répond plus. Je suis devenue impatiente. Je ne supporte plus les ^%^%&^. Je ne supporte plus de discuter, de chercher le juste milieu. M’en balance de savoir si quelqu’un voit rouge ou bleu, s’habille orange ou vert, baise couché ou debout. M’en balance tout simplement. Ce qui me faisait sourire me fait grincer des dents aujourd’hui. Je supporte plus ceux qui se cherchent, ceux qui se trouvent et those in between. Je supporte plus le monde qui parle de la faim comme si cette dernière lui avait scié les boyaux ou encore de ceux qui théorisent sur la fonctionnalité des rapports cybernétiques des espèces en voie d’extinction ou qui racontent comment faire prendre une mayonnaise sans oeuf. Je me fous de savoir ce qui cloche ou ce qui fonctionne comme un charme. Je me fous de savoir ce que les autres porteront demain, ce qu’ils mangeront, à qui ils parleront. Je ne veux plus écouter le monde déblatérer sur les autres, sortir leur thèse sur le comportement sexuel du zooplancton ou de la voisine du troisième ou de la paire de nichons de la nouvelle du coin. Je ne veux pas savoir qui est réellement blonde ou qui aspire à le devenir.

Je veux fermer les yeux, continuer à faire le ménage dans ma petite tête. J’aimerais que tout soit comme avant, même si je sais que ce ne sera plus le cas. J’aimerais distribuer des nuées de petits bonheurs comme pour me faire pardonner de mes grandes absences. J’aimerais dire je t’aime plusieurs fois par jour tout en ayant le gros moton dans la gorge et les larmes aux yeux. J’aimerais dire à tout le monde ce que je pense de chacun et chacune. Ou encore effacer les mots méchants et les regards coutelas.

Bref, j’ignore ce qui m’attend. Je sais seulement que cet espace et son auteure prendront un virage sous peu. Quelque soit la trajectoire, elle ne saurait être qu’exutoire.

Je pourrai parler du froid, mais ce serait trop facile et franchement pas sympa. Je pourrai parler du copain qui me demande de prendre une décision qui aurait un grand impact sur ma carrière comme si c’était chose facile d’abandonner un boulot que j’adore pour une certaine sécurité financière. Mais franchement, aucune envie d’y penser pour l’instant. Je pourrai parler de la montagne de textes qui prendront la route demain vers l’imprimerie ou encore des sempiternelles réunions qui n’en finissent plus. Je pourrai parler des moments de frustrations intenses, mais juste le fait de penser à la vie me suffit.

Pas envie de gagner plus de sous car cela mettrait en péril la qualité de vie de ma famille. Nul besoin de changer de métier si je ne le veux vraiment me répète Amore. Je sais, je sais. Mais j’ai la tête ailleurs. Je pense aux résultats de la batterie de tests de la semaine dernière. Je n’ai la tête à rien sinon à me dire que la vie est belle car elle l’est vraiment.

Si j’ai peur? Oui et non.