Nous: Et si nous renonçions à nos teints, à nos visages, à nos expressions, nos tics et nos manies? Et si nous oubliions nos langues pour mieux comprendre la nôtre et les laisser au passage nous débarrasser du poids des années et de leur passé décomposé? Et si nous nous racontions que nous sommes partis il y a des millénaires à la recherche d’un temple mythique que construisions au fur et à mesure que les siècles nous modelaient? Et si vos couleurs et les nôtres fusionnaient? Et si nous faisions fi de tout, le temps d’un regard, la durée d’une conversation, un simple moment où ni vous ni nous ne nous observerions à travers nos certitudes ouatées. Celles qui nous empêchent de sortir de nos ornières.
Et si nous nous arrêtions un court instant? Le temps de souffler, de nous réunir autour d’un feu et contempler le ciel étoilé. Vous verrez, ce n’est pas si mal.

Les autres Nous: Nah, il n’a qu’une langue,  c’est la nôtre, il n’y a que nos valeurs fondamentales, pourquoi tout le monde devrait être Nous, sauf Nous? Nous voulons, Nous exigeons, Nous avons survécu, Nous vous accueillons, vous vous accommodez!

Devant une pareille cacophonie, je vais entreprendre le ménage dans ma petite tête car il y a trop de Nous et pas assez de Nous.