Il y a quelques mois, on ne parlait que du Darfur. Maintenant on se souvient du Burma ou Myianmar si vous préférez. Je n’ai rien contre soutenir une cause, par contre le comment je ne vois pas comment poster sur un blog changerait quelque chose à la situation. Et puis, je n’aime pas le tourisme politique qui fait de nous des experts en trois lectures, trois mouvements. Ce ne sont pas les causes qui manquent. Devrait-on les choisir toutes? Pourquoi pas? Nos voix seront-elles entendues? De minces chances.

La junte militaire du pays n’est pas des plus tendres. Elle est au centre du triangle d’or, Thailande Birmanie Laos, en ce qui concerne l’opium et l’héroïne. Des compagnies pétrolières, minières font affaire avec le pays, votre pays est peut-être importateur de produits alimentaires provenant du pays (crustacés), vos pneus d’auto, votre compagnie aérienne, votre agence de voyage, ou encore de vêtements. Il y a 469 compagnies qui sont présentes ou transigent avec le pays. Il faudrait peut-être commencer par le capital (souvenons-nous de l’Afrique du Sud, seul le boycott a fait mal après tout) qui se fait complice du régime car pour pouvoir y opérer il faut obtempérer, respecter la junte et surtout pas perdre de vue ses intérêts et laisser la porte grand ouverte à la compétition.

Coupables? Nous le sommes un peu par naiveté. Parce que nous nous jetons sur les images sensationnelles et nous consommons outrageusement. Nous sommes à l’image de notre monde contemporain, nous réagissons, pleurons un bon coup, crions pour passer à autre chose, otra causa. Baisser les bras non? Frapper là où cela fait mal, oui. Nos gouvernements accusent, peut-être feraient-ils mieux de pointer du doigt nos compagnies qui se remplissent les poches et cela marche. Jacob, La Baie (du temps où elle était un fleuron canadien) et le groupe Sears (les trois dans le vêtement) ont cessé leurs importations.

C’est peut-être par cynisme, mais je ne crois pas que la sacro sainte ONU puisse servir à quoi que ce soit sinon produire de la paperasse et le sempiternel esprit fonctionnaire qui s’est emparé de la belle et idéale institution d’après-guerre. Cynique, puisque seul le pouvoir financier semble diriger le monde. Mais personne n’a dit que la solidarité devait se limiter à une signature, n’est-ce pas? Alors, autant se solidariser, solidarisons-nous de tous les damnés sur terre. Et ils sont si nombreux que nous devrions nous considérer plus que chanceux de vivre dans nos univers douillets, si je dois signer je préfère encore signer des lettres d’AI. Je suis tentée d’effacer ce billet, mais je ne le ferai pas car je ne crois plus au baroud.