demeter-1986-mati.jpg
Demeter d’Abdul Mati Klarwein

Passante, passant, le mot est sorti et vous m’en voyez soulagée. J’ai tout simplement décidé de ne plus perdre mon énergie dans des discussions vaines. Je divorce de ce qui tourne autour de la politique, de l’avenir des jeunes puisque je ne le suis plus. Je divorce des baby-boomers parce que franchement être dans la queue du peloton y a pas de quoi être fière d’une génération qui n’en finit pas de coller au marché du travail. Je divorce de la diplomatie car je sens qu’on va m’en casser des pots sur la tête ou me reprocher de faire mon boulot comme il faut. Je divorce des entretiens téléphoniques, je refuse de discuter boulot au téléphone, quiconque a quelque chose le fait par écrit non mais chuis pas aussi nono que j’en ai l’air! Je divorce des plans à moitié dessinés, des Kiss Kiss Bang Bang Thank You M’am. Je divorce du poste tv et des nuits insomniaques. Je divorce certains de mes rêves, plus envie de les entretenir envie de les vivre. Ici, maintenant. J’ignore si je créverai d’un cancer, certainement plus d’une insuffisance cardiaque, d’un accident de la route.
Je ne vous parlerai probablement jamais du fameux traité de libre-échange où le pauvre agriculteur marocain va en prendre pour son cash. Ni les tonnes de cuisses et ailes de poulet raised in the US if A que les Marocains devront se taper. Je ne vous parlerai probablement pas des divas marocaines, du fameux néo chaabi qui me tape sur les nerfs avec les insultes outrageusement scandées comme si cela était tout à fait normal. Je n’ai aucune, mais aucune envie de parler des élections, des résultats et de leurs répercussions sur le paysage politique marocain. J’ai envie d’errer dans mon monde sous mes étoiles, ouvrir la tente et laisser la brise en caresser les pans.
Je ne vous parlerai ni d’ébats torrides et encore moins d’amoureux transis. Non, je divorce de tout cela. C’est l’automne et pour la femme que je suis cette saison est la plus belle, je m’en vais donc la vivre à ma façon. La seule que je connaisse, la seule qui m’aille vraiment. A la nomade tout simplement.

Voilà cher passant et chère passante, demain un jour nouveau, un délire nouveau, je divorce du sérieux, des carcans, je me libère une fois de plus. Cette illusion de toujours repousser les limites du politically incorrect:-)