S’il me fallait énumérer toutes les idées farfelues quant à ce que je voulais que mes enfants fassent avant de les avoir me faudrait des jours et des jours, des pages et des pages. Je rêvais qu’ils fassent de l’équitation, eh beh non ils n’en font pas parce qu’ils ne sont pas intéressés. Je voulais qu’ils jouent de la guitare style Manitas del Plata et Paco de Lucia, ils commencent à s’y intéresser et le grand pratique tous les soirs en fermant les yeux (sa technique pour apprivoiser les cordes). Je voulais qu’elle apprenne le piano. Mauvaise idée car je l’accompagnais à ses cours. Je vous déconseille si vous n’avez aucune notion de solfège comme moi, car vous risquez d’induire votre enfant en erreur ce qui était mon cas en plus des frustrations dont ilelle pourrait se passer. Elle a tout simplement abandonné pour reprendre des cours particuliers cette année.
Mon père avait offert une guitare au grand. Cours de guitare, il y aura fallu 6 ans pour vraiment s’y intéresser. Il joue de la clarinette à l’école parce qu’il a décidé lui même de faire partie de la fanfare.
Que faire? Trouver un(e) prof de musique qui a un sens de l’humour, qui est capable de motiver votre enfant, laisser de la place à votre enfant, ne pas trop mettre de pression ( a no no), l’encourager à pratiquer tous les soirs (ça ne marche pas avec moi, donc faut attendre qu’ils aiment ça).

Le métier de parent ne s’apprend pas avant la naissance car chaque enfant est différent, possède sa propre personnalité. Personnellement, j’ai réalisé que mes enfants ne m’appartenaient pas et ce dès la naissance du grand. Cet enfant qui vivait de moi durant la grossesse était lui en naissant. Il s’est battu pour survivre (long story). Tout ce que je peux faire est de les aimer et les accompagner dans leur apprentissage de la vie, car cette dernière n’a pas fini de leur apprendre.
Je suis leur cobaye, ce sont eux qui m’apprennent la vie car leur regard est différent. Le grand s’intéresse à la politique, il est dans sa phase socialiste rêve de m’accompagner à Cuba. La petite, elle, s’est réconciliée avec l’idée de faire médecine (thanks to Grey’s Anatomy). Il voulait faire du cinéma, il parle maintenant de devenir prof de musique. Elle veut gagner des sous, avoir une grande maison, lui rêve de marché équitable, de justice sociale. Elle ne pleure jamais en regardant un film sauf s’il y a violence envers les enfants et les animaux. Il lui arrive souvent d’avoir les yeux embués et dans ce temps là il me prend la main et me dit: je t’aime maman. Elle est ‘bossy’ à l’extrême, il est ‘je m’en foutiste’ à l’extrême. Elle se souvient de tout (comme moi), il passe l’éponge souvent (comme son père). Il écoute Hendrix, elle écoute Porter. Elle dort souvent avec moi quand son père est en voyage, se lève tjrs la dernière car mamoizelle est un oiseau de nuit (tiens, comme moi). Il est levé aux aurores et a tjrs le sourire. Elle peut nous balancer une crise just for the fun of it. Je ne dis plus rien dans ce temps, sinon bonjour la grande scène à 7.30am. Elle a besoin d’être réconfortée (15 appels, en deux heures, un soir le mois dernier). Il fait son bout de chemin sans faire de vagues. Elle est compétitive(son père), il est plus ‘low profile’par nature (sa mère).
Ils se chamaillent et s’embrassent deux minutes plus tard en s’excusant. Ils sont protecteurs l’un envers l’autre. Ils passent des heures à jouer ensemble quand ils ne se disputent pas. Ils ont encore le même cercle d’amis.

Un jour, je suis certaine, ils me parleront de moins en moins alors il me faudra écouter leur silence pour mieux les conseiller et les aimer. Ils grandissent et cela doit être difficile de voir son corps changer. Ils sont patients avec moi et de plus en plus rigolos. Nous sommes leurs chauffeurs, leur personnel de ménage. Nous nous emportons de temps en temps contre leur désordre, nous passons des heures à écouter de la musique ensemble, à leur parler de notre temps du temps où nous avions leur âge. Nous cuisinons ensemble. Nous faisons des projets ensemble. Parfois, je me demande dans quel monde nous les avons mis, je m’inquiète de leur avenir, de l’état dans lequel nous avons mis la terre avec nos boucheries, notre pollution. Je leur espère un monde meilleur, un monde plus juste. Je les regarde grandir et je souhaite que lorsqu’ils seront grands ils pourront être ce qu’ils voudront. Quant à nous, nous ne pouvons que les aimer, les accompagner, leur transmettre des valeurs humanistes et espérer de tout coeur qu’ils soient heureux.