Avis à la population mourialaise:-), Loula sera à Montréal du 26 au 30 mars pour boulot, mais cela ne l’empêchera certainement pas de revoir et rencontrer les Montréalais de la blogosphère. Laissez-moi savoir.

Une semaine à la Havane et t’en reviens toute sonnée.
D’un, les hommes sont d’une galanterie incroyable et ils adorent se retourner quand une femme passe. Ils sont polis et jamais un mot méchant. C’est bien simple une semaine à la Havane et tu es bonne pour six mois, moral au beau fixe.
De deux, c’est le deuxième endroit après le Maroc où tu es prise d’une schizo incroyable surtout quand tu côtoies les expats. Tu commences par te culpabiliser parce qu’il y a trop de bouffe à l’hôtel. Puis, tu pestes contre les touristes qui ont payé et qui parce qu’ils ont, justement, payé se croient tout permis. Et vas-y que je te double devant la file du buffet et vas-y que je te rentre dedans alors que t’essaies de sortir de l’ascenceur.. Bref, tu n’aimes pas les touristes. L’hôtel où tu te trouves est un essaim d’abeilles. Tous les matins, son lot de touristes. Man!
Tu sors prendre un verre et paf tu découvres une autre faune. Tu te fais petite. Tu observes. Tu attends tes amies cubaines à l’hotel, elles se font dire qu’elles ne peuvent pas monter à ta chambre alors que le voisin reçoit une jeune fille et que le gardien de sécurité vient la chercher plus tard. Cherchez la logique. A chaque hôtel, sa propre culture.
Tu vas danser un soir, tu découvres que tu n’as pas le droit d’entrer avec ton sac à telle place, tiens comme au supermercado.
Tu côtoies du monde qui mène un train de luxe alors que le salaire mensuel de la grande majorité est équivalent au montant d’un plat au Restaurant El Ajibe.
Tu pestes contre la localité de l’hôtel car t’es dans le quartier cossu des ambassades. Tu cherches en vain un marché aux fruits et légumes et en découvres un le jour de ton départ. T’essaies pendant trois jours d’envoyer un simple courriel et tu frappes un mur. Tu prends ton mal en patience parce que ton cellulaire date de l’ère jurassique. Tu prends un mojito et un deuxième, puis tu te resaissis parce que tu travailles et que tu dois taper un rapport. Tu sors marcher et la chaleur t’envahit, tu te laisses submerger. Tu penses à Omar que tu n’as pas osé chercher dans la foule, tu te demandes ce qu’il est devenu. Où il vit aujourd’hui, ce qu’il fait et avec qui il partage sa vie, si il a des enfants comme toi et quel âge ils auraient. Tu reprends un verre de ron parce qu’après tout il est 20 heures et que ta journée de travail est finie. Tu sors faire un tour et tu sombres dans la nostalgie. Tu longes le Malecon et, comme ce matin pendant ta marche, tu retombes sur le vieil homme qui hurle à la mer: »siácara« . Tu te demandes s’il demande à ce que sa ville ne soit pas victime d’un ouragan.

Tu rentres dans un bar et là tu comprends ou enfin tu feinds de comprendre que tant il y a demande l’offre ne peut se dérober. T’as aucune envie de décortiquer ou de comprendre, tu regardes comme un documentaire qui passerait un soir d’insomnie. Tu sors.
La mer est toujours là et le vieil homme aussi et il hurle toujours « siácara! ».
Et tu comprends que tu as cette terre dans le sang, tout simplement.

Siácara: terme servant à éloigner les mauvais esprits utilisé dans le rituel de la Santeria.