Comme à chaque année Lâabi nous offre un poème. Son adorable épouse, Jocelyne, nous a fait parvenir ce qui suit. Merci à vous deux.

O jardinier de l¹âme
as-tu prévu pour la nouvelle année
un carré de terre humaine
où planter encore quelques rêves ?
As-tu sélectionné les graines
ensoleillé les outils
consulté le vol des oiseaux
observé les astres, les visages
les cailloux et les vagues ?
L¹amour t¹a-t-il parlé ces jours-ci
dans sa langue étrangère ?
As-tu allumé une autre bougie
pour blesser la nuit dans son orgueil ?
Mais parle
si tu es toujours là
Dis-moi au moins :
qu¹as-tu mangé et qu¹as-tu bu ?

Abdellatif Laâbi

C’est la période de l’année où il faut se creuser les méninges pour présenter ses meilleurs voeux. En fait, à part souhaiter que la paix revienne et que les droits les plus élémentaires soient respectés partout sur la planète je ne sais que souhaiter.
Je nous souhaite donc à ne pas connaître la faim pour pouvoir aider autrui. De ne jamais être tenté par l’appât du gain afin de ne flouer quiconque. La compréhension et le respect de l’autre afin de ne pas bafouer sa dignité et encore moins ses droits. Le pardon et la compassion afin que la haine ne nous ronge pas de l’intérieur.
Je nous souhaite un monde meilleur où nous apprendrons les uns des autres. Un monde où le respect damera le pas à la crainte. Un univers où enfants auront le droit à l’enfance, les hommes et femmes à la dignité. Un monde où la violence sera condamnée jusqu’à sa disparition. Un monde où nous n’aurons pas besoin de fermer les persiennes ni baisser la voix pour dire: liberté, je t’aime!