Prenez un groupe, une communauté devant survivre dans des conditions difficiles et hautement frustrantes. Placez quelques manipulateurs, rhétoriciens de préférence ou mieux encore du style pamphlétaire au vocabulaire, clair mais un tantinet obséquieux. Le manipulateur se servant de sa verve canalisera les frustrations et bang vous avez droit à un mouvement fondamentaliste. Le fondamentalisme est par essence dictatorial vu qu’il ne prône que sa vérité et ne reconnait en aucun cas la complexité des situations qu’il promet de redresser, du moins les occulte t’il.

Quiconque ose en débattre est qualifié de traître, ridiculisé devant la foule qui ne pensant qu’à la transe, aux enfants affamés et aux maudites factures à payer crie: à bas le traître!
La vérité, leur vérité qu’ils imposent, car il ne faut pas se leurrer tout pouvoir qui se consolide par la culpabilisation, l’intimidation et la violence n’est que pure usurpation. Usurpation de la dignité humaine au profit de zélotes du pouvoir.
Ces manipulateurs refusent le dialogue. Ils appartiennent à toutes les confessions religieuses et à toutes les classes sociales. Mais, à la différence de ceux qu’ils attaquent ils font dans la mégalomanie et dans le mépris du processus démocratique qui suppose le dialogue, la concertation et de laisser leurs convictions au vestiaire. Car rien ne tue plus le dialogue que le conflit d’intérêt moral. Or, lorsqu’il s’agit d’une société il serait mal intentionné d’imposer une loi. Toute société est habitée par la diversité. Mais nos gourous semblent l’oublier car leur ultime jouissance est de voir tout le monde marcher au pas et dire oui chef, parfait chef, à vos ordre chef! Ils prennent leurs privilèges pour des droits. Ils sont spécialistes de la transe collective. Ils poussent leur ouailles à médire, à intimider, à insulter, à juger, à poursuivre, à tuer et à commettre des crimes abjects au nom de leurs idéaux dictatoriaux. Ils se victimisent car ils ont besoin de l’emporter sur l’autre, de s’en venger. Ils portent la haine et la transmettent sans vraiment considérer la portée de leurs mots. Ils prennent dans le vivier des sans espoirs ou des sans desseins.
Malheureux en perdition sont ceux qui ont besoin de héros pour avancer.
Que reste t’il à faire? Bronzer ou monter aux barricades? Tant qu’à se faire traiter d’hérétique et de traître il suffit de se tenir droit et de défendre la dignité car sans cette dernière que serions-nous?