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Me priverai-je, moi l’épicurienne faisant dans le stoïsme? Une fois n’est point coutume. Dans la vie, faut savoir assumer ses contradictions que me disait mon défunt paternel. Il avait cette habitude de m’appeler et de m’envoyer de ces petits mots dont seul lui détenait le secret. Mais bon, étant pudique de nature, je converserai avec mon adorable papa sous le ciel qui n’en finit pas d’être maussade.
Incapable de dormir hier soir, faisait trop chaud. A force de chauffer au bois et à force de subir la chaleur incroyable en cette mi-novembre (le monde à l’envers 12°!), ai préféré ouvrir un livre ennuyant pour pouvoir m’endormir. J’ai fini par courtiser le sommeil qui s’est enfin pointé vers 3am.
Me suis réveillée entourée de mes amours qui me faisaient des mamours. Une ondée de bisous tendres par un matin pluvieux. Je suis née un jour de pluie et s’il neige pas, s’il ne caille pas, il pleut forcément. La princesse se porte volontaire pour le menu de ce soir. Le prince, gauche à cause de ses treize printemps, m’embrasse en rougissant. Jazz me fait la fête. Mon légitime, les yeux doux. Serait-ce le printemps? Non, je n’aime pas le printemps car j’ai hâte à l’hiver et sauter de saisons comme l’an dernier ne me plait pas du tout. Je veux un ciel maussade à souhait, qu’il fasse frisquet et que reviennent les bonnes vieilles saisons.
Mia m’interdit de dire mon âge en me reprochant de la vieillir. Nabil m’envoie le premier message de la journée, il n’oublie jamais personne le Nabil. Suit celui de mon amie, celle qui a toujours le mot pour rire. Puis, celui de mon ami qui exige en plus que je ponde un papier de deux pages comme si je n’avais que cela à faire. Le concepteur graphique fait un tour et aime bien mes idées qu’il promet de mettre sur papier. Mon Jules téléphone et demande si je passe manger à midi, yes my love will be there. Mon pc fait des siennes et j’attends son remplaçant avec impatience, demain demain..
Faudra courir pour aller porter princesse et prince aux cours de piano et chant. Sortir Jazz qui est contente puisqu’elle a hérité d’un os ce matin et qu’elle refuse de s’en départir. Cogiter quant au menu de ce soir. Léger, avec des poivrons rouges crus. Bizarre, moi qui détestais les poivrons voilà que j’en savoure au moins 5 par jour. Consulter le courrier, payer les douloureuses, finaliser mon compte de dépenses qui frise un montant que je n’ose révéler. Ne pas oublier le papier pour dégoter un peu de sous, surtout pas. Répondre aux télémarketeurs qui appellent toujours vers 6pm que Loula est en voyage et que son conjoint aussi, que je ne suis que la gardienne. J’ose pas les envoyer balader, déformation éducationnelle. Appeler mon adorable Mia et la remercier de tant d’amour. Finaliser les rapports, vérifier la liste des envois. Se mettre à table. Parler un brin de la journée, vérifier les devoirs, signer les cahiers et les tests. Rire un bon coup en famille, les embrasser, les taquiner, leur dire je t’aime. On ne dit jamais assez je t’aime à ceux que l’on aime. Ne pas oublier le documentaire sur Castro qui passe ce soir sur le canal Documentaire, me servir un verre. Embrasser mes amours, leur souhaiter bonne nuit. M’asseoir avec mon Jules quelques minutes. Me dire que la vie est belle. Une famille adorable, une Mia unique, un frère en or, une chienne carrément fofolle, des amis toujours présents, un boulot que j’adore, de quoi manger, de quoi se vêtir. Que demander de plus? J’ai fait ma capricieuse cette année, j’ai seulement demandé une séance de massage chez la massothérapeute du coin.
Allez, ma vieille, une fois n’est point coutume. Je me souhaite un bon anniversaire et avec un peu de chance je remettrai cela l’an prochain.