Dans la vie, on m’a dit qu’il fallait prendre la bonne décision. J’essaie, je tente, je soupèse, j’analyse tous les angles, je fais comme tout le monde. Enfin, c’est ce que je pense. J’ai reçu une offre d’emploi. Puis, j’ai passé une autre entrevue vendredi qui a duré 2 heures avec visite des bureaux et tout ce qui va avec. Gee, was I away this long. Think about it. Avant, car il y avait un avant avant Khmiss Batata. Donc, avant Loula évoluait dans une autre sphère parce qu’elle a tjrs eu la fibre activiste Loula a travaillé pour khoutha zmagria, puis pour l’alphabétisation, puis dans l’évenementiel za3ma. Loula était dans son élément pour organiser les grandes noubas, les grandes diafas légitime descendante de sa smala connue pour leur hospitalité sans borne et leur sens de la générosité. Puis, Loula en a eu marre. Et elle a commencé à faire dans le privé, et guess what Loula est tombée enceinte, puis son Jules a fini ton Phd et voilà Loula à la croisée des chemins. Entre Le Caire, le rêve du Pérou et suivre batata et tbib batata fallait pas être Einstein pour résoudre l’équation.
Et il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts, yes et en ce concerne les ponts nous sommes célèbres ici. Vous avez le pont absolument pas droit du tout, vous avez les ponts couverts et vous avez aussi le plus long pont couvert au monde. Yes sir, yes m’am, just here near Khmiss Batata. Zalamoka à qui j’ai promis d’écrire ce que je n’ai pas encore fait me demandait pourquoi Khmiss Batata. Tout simple, il y a un souq jeudi et donc on peut acheter des veaux aux enchères.
Mais Loula s’est tenue occupée, deux adorables monstres à aimer, cajoler, gâter, c’était le paradis. Puis, les monstres ont regagné le giron du savoir à trois ans. Grace aux petits monstres, j’ai connu bien du monde. Car ici, les enfants sont votre passeport pour l’ailleurs. Grace à nos petits monstres, nous rencontrons toutes sortes de personnes, nous les expatriées. Ici, presque toutes les femmes viennent d’ailleurs. Elles ont toutes, mais toutes abandonné leurs carrières pour s’installer dans un cocon des plus doux. La dolce vita, yes sir, yes m’am. Trois fois par semaine danse aérobique, vous pouvez ramener votre poupon il y a des gardiennes sur place. Puis café ou thé et une bonne gâterie. Parfois, ce sont des déjeuners arrosés de bonne humeur et de blagues, d’autres fois nous refaisons le monde chacune à notre façon. Mais Loula a la bougeotte, Loula se lasse quand la routine s’installe, Loula tourne en rond et la dolce vita ne va pas à Loula. Loula est un peu maso sinon beaucoup, car elle a besoin de suer, de parlementer, de voir les choses bouger. Alors, un jour elle a échafaudé un plan, un plan qui pensait-elle pourrait marcher. Elle a mis sur pied une association au service des immigrants et avec le concours de bénévoles, l’affaire a démarré. Quatre ans de labeur, de nuits d’insomnie, de coups de barre, de coups de gueule, de coups de couteaux dans le dos, parfois. Mais Loula s’en foutait royalement, car quand elle a une idée c’est pas dans les pieds. Alors Loula a fait comme Forrest Gump, elle a continué à taper à toutes les portes, à faire la zmigria de service, à sillonner la province et parfois le pays pour faire entendre son message et celui des zmagrias qu’elle représentait. Puis, Loula se vit propulsée sous les feux de la rampe. Wow, l’égo de Loula en avait besoin, grandement besoin, mais elle était encore insatisfaite. Il y avait encore un vide, alors Loula s’est décidée de retourner à l’université, juste comme ça par défi. Loula aime bien se poser des défis. Elle les recherche au point parfois de s’y perdre. Puis, le temps a passé et Loula a décidé de retourner sur le marché du travail. Déjà le terme est un peu réducteur. Ça fait penser à un étalage, à une course de fond où rares sont les élus. Donc Loula, peaufine son parcours de vie mieux connu sous le pompeux terme de curriculum vitae, écrit des lettres de motivation à faire pâlir les écrivains de discours publics et envoie sa salade à qui veut bien la recevoir. Loula en remet car elle sait que dans un monde aussi compétitif, faut appeler, voir si la personne à l’autre bout de la chaîne alimentaire a bien reçu sa salade. Puis, viennent les entrevues. Loula se prépare mentalement et y va. Number one, le fameux test de personnalité. On vous demande comment les gens vous perçoivent et ce qu’ils attendent de vous. Puis, tournez la page et dites-nous comment vous vous percevez et qui vous êtes. Des adjectifs supposés dresser votre profil psychologique. Et une série de test aussi bidons les uns que les autres. Yes, je le reconnais il m’arrive de juger les consultants car ils me font gerber par moments. Et là commence l’entrevue. En fait, c’est une mise à l’épreuve tous ces tests, voir si vous allez garder votre calme. Durant l’entrevue, mes interlocuteurs commencent tous par: very impressed by your resume. How did you find the time to do all this? Vous les regardez avec un sourire humble en disant parce que j’y crois tout simplement et avec l’envie de dire: so do I have the job since you’re that impressed, but je me retiens. Puis, envoyer la fameuse note de remerciement, importante la petite lettre.
En fait, lorsque j’étais à Mourial, j’ai tjrs décroché les emplois que je voulais. But now, après des années entrecoupées de quelques contrats d’enseignement les gens vous regardent comme si vous veniez de Mars. What did you do in between? Well, let’s see I had given life to two children and I spent time with them because it was the most natural thing to do. Pas facile de dire ça quand la femme en face de vous n’a jamais eu d’enfant, mais faut bien reconnaître qu’élever des enfants est une carrière en soi et c’est bien plus gratifiant qu’un MBA. Ce qui me fait penser à Mourial encore, dès que l’on sortait sans le petit adorable monstre genre à une réception quelconque les femmes me demandaient que faites-vous dans la vie, je viens d’avoir un enfant et donc je suis à la maison. L’antéchrist, la pestiférée, la sans ambitions, voilà comment les femmes percevaient celles qui restaient à la maison. Des bobonnes bonnes à rien sinon à enfanter, des femmes sans desseins. Et cela ne venait pas d’hommes, mais de femmes courant après l’ambition de crever le plafond de verre. Et le libre choix dans tout ça? Donc, revenons à mes moutons. Une offre d’emploi, je serai bientôt cousine de Tony Soprano, filleule du Parrain, émule de Joe Pesci et ce dès lundi matin. Mais il y a eu l’autre entrevue hier matin et j’avoue qu’à choisir entre les deux et si on m’offrait l’autre emploi, je dirai oui sans sourciller (ouch, je ne peux pas faire de grimaces car j’ai l’arcade sourcillère fendue et 6 p’tits points de suture pour me le rappeler, mais ça c’est une autre histoire). Oui, parce que ce serait un autre défi, oui parce que l’atmosphère de travail semble très propice à Loula, oui car c’est à Khmiss Batata, oui car c’est interagir avec les clients et oui car j’aime le contact avec le public et surtout parce que je suis diplomate chevronnée et bonne causeuse et que je peux travailler sous pression (si si, ce genre de tress est très bénéfique). Bein quoi, faut bien que je me remonte l’égo toute seule de temps en temps. Donc, je vais de ce pas peaufiner ma voix rauque et revoir Pesci, De Niro, Al Pacino et le reste de la familia.Posted by Picasa