J’ai reçu cette pétition via la liste Maghreb Droits de l’Homme.

Nous, signataires de la présente pétition, tenons à exprimer notre entière solidarité avec les victimes (treize, pour le moment) de ce qu’il est convenu d’appeler le procès des victimes de P. Servaty à Agadir. Cette affaire, qui a été déclenchée depuis avril 2005, a mis à nu plusieurs tares du système judiciaire marocain, mais aussi de ses réseaux politiques, associatifs, etc. Nous avons constaté le caractère expéditif, parfois violent, des enquêtes et des procès en cours, le peu de cas qui a été fait du profil des victimes pour la plupart sans antécédents judiciaires, et en situation sociale précaire, certaines des concernées étant des mineures. Plus encore, l’une d’entre elles est handicapée physiquement. Nous avons aussi constaté, et à notre grand regret, le peu de soutien, moral et matériel, que les victimes, et leurs familles, pratiquement livrées à leur sort, ont récolté depuis le début de cette affaire. De même que nous refusons l’hypocrisie, sociale, juridique et politique, qui a marqué jusqu’ici le déroulement des événements. Les victimes ont subi une justice à deux visages. L’un, vindicatif, a servi à distribuer de lourdes peines, sans commune mesure avec les faits. L’autre, hypocrite, a cautionné le véritable coupable dans cette histoire. La libération de PS après son arrestation à Agadir en 2004 est inadmissible dans un état de droit. Cela est d’autant plus flagrant que, pendant plusieurs semaines, la répression policière et judiciaire s’est abattue sur les victimes sans inquiéter l’auteur du crime. Ces injustices nous poussent à appeler au sens civique, et à l’esprit citoyen, tolérant et solidaire des uns et des autres, responsables locaux et centraux, militants associatifs, cadres politiques, et citoyens d’Agadir et d’ailleurs, au Maroc comme à l’étranger. Nous considérons les treize femmes incarcérées et les dizaines d’autres en fuite comme des victimes du touriste belge mais aussi, et surtout, de la société marocaine à tous ses niveaux et nous appelons :

– A la libération des treize victimes emprisonnées suite à des jugements sévères et expéditifs, qui couronnaient une procédure (enquêtes préliminaires, gardes à vue, procès) où tous les droits des accusées n’ont pas respectés
– A l’arrêt des recherches contre les femmes en fuite, déjà sanctionnées par leurs proches, leurs employeurs, leur environnement immédiat et général.
– A l’arrêt immédiat de toute forme de violence physique, morale et verbale exercée à l’égard des victimes tant au niveau des enquêtes de la police judiciaire qu’au niveau du tribunal ainsi que dans les lieux de détention
– A l’octroi d’un soutien psychologique aux victimes et à leurs familles pour les aider à surmonter les épreuves douloureuses qu’elles vivent
– A prévoir d’urgence les moyens nécessaires pour réhabiliter les victimes dans leur honneur et leur garantir un droit absolu : celui de la réinsertion sociale.
– Au réveil de la société civile et politique marocaine, les victimes étant des Marocaines comme les autres dont le crime aura été d’être naïves, mal encadrées et, aujourd’hui, accablées, punies, humiliées par une société qui ne pardonne pas et des lois pas toujours en phase avec les réalités de notre époque.

Pour les signatures, prière d’adresser un courrier à l’adresse électronique : anaruz_agadir@yahoo.fr ; en précisant la fonction et la ville (le pays) de résidence du signataire.