Lalla Manal, quel plaisir de savoir que tu es venue faire un tour. Ton blog que je visite quotidiennement est un plaisir à parcourir. Samab, comment vas-tu? Il vente toujours par chez vous?
Minuit trente. Crevée mais si heureuse d’être enfin chez chez nous. Trois réunions ponctuées par la voix suppliante de ma petite au téléphone: « t’avais promis de ne plus voyager pour des réunions! » Et pendant ce temps, fallait rester concentrée sur l’avenir des organismes aux services des immigrants, les stratégies à long terme, le positionnement, l’éducation populaire, le perfectionnement linguistique selon le champ de compétence de chaque immigrant(e). Pas mal de remue-méninge, prise de contact, début de réseautage avec les agences de développement économique qui ont pondu des stratégies visant à revigorer l’économie des trois grandes villes de la province en misant sur l’immigration. La démarche est noble, faudra encore s’entendre quelle sera la représentativité accordée aux groupes ethno-culturels, aux minorités visibles, aux Premières Nations et aux associations multiculturelles et organismes au service des nouveaux arrivants et surtout si pareil projet est accepté et financé par le gvt, s’assurer que l’argent ne soit pas dilapidé en frais d’administration. Une question me taraudait, tout ceci est bien beau, mais quel est le pourcentage de personnes travaillant pour ces agences de développement économique qui provient des groupes de minorités visibles? Réponse: je suis moitié Irlandais moitié Ecossais. Et dans ma tête, je me disais Pshakh al b7ar, mais fallait pas que je sois cynique ou sarcastique car une telle réaction nuirait sans aucun doute à la cause, alors j’ai arboré mon plus beau sourire et j’ai respiré par le nez en chantant vive le multiculturalisme et la diversité. Ce fut néanmoins un échange sincère. Un début? Maybe, en autant que chaque organisme se voit donner la part qui lui revient et qu’il n’y ait pas le moindre soupçon de paternalisme et encore moins l’utilisation d’immigrants de service. Et puis, cette province est si peu peuplée que l’on est quasiment obligé de travailler en partenariat avec pas mal de départements et organisations.

Nous sommes allés manger au Taj Mahal, succulente cusine Mughlai. Puis, il a fallu pousser et insister pour reprendre la route. Fallait que je retrouve ma petite qui ne cessait d’appeler. Retour sous la pluie battante, il a fallu que je raccompagne un ami et j’ai fait les derniers 150 kms seule sous la pluie en écoutant des oldies rythmés par le squich squich des essuie-glace. Mes hommes sont allés faire du canoe camping, ma petite et la Terreur de Khmiss Batata me manquaient énormément. Sprint final et enfin Khmiss Batata. Home is where the heart is disent certains et ce soir je le pense plus que jamais surtout quand la petite est venue s’accrocher à mon cou en me couvrant de bisous et que la terreur remuait sa petite queue et sautait de joie. Qu’y a t’il de plus beau au monde sinon l’amour inconditionnel des enfants et des animaux? Et comme disait Diderot:
-« Dites-moi, avez-vous jamais pensé à ce que c’est que de vivre? »

Posted by Hello