Aujourd’hui, on parle encore d’immigration à la radio. C’est la poule aux oeufs d’or ces derniers temps. Les provinces de l’Atlantique se vident de leurs populations et les organisations d’aide au développement économique veulent toutes se partager le maigre budget alloué à la promotion de l’immigration dans nos provinces. Le/la candidat(e) idéal(e) est l’investisseur. Mais pourquoi vouloir investir ici lorsque l’on peut faire des affaires ailleurs où les salaires sont plus compétitifs? Tout le monde est conscient que la rétention est l’ultime but car comment compétionner avec des villes phares comme Montréal, Toronto, Vancouver et maintenant Calgary? Nos petites communautés longtemps repliées sur elles-mêmes se font dire: il ne faut des immigrants sinon nous serons voués à disparaître. Tout le monde s’est donc mis en tête de séduire les immigrants potentiels. Certaines localités y réussissent mieux que d’autres. Mais voilà, une fois l’investisseur arrivé et son argent placé qu’adviendra-t’il lorsque le conjoint ou la conjointe de ce dernier souffrira du mal du pays, ne pourra pas faire reconnaître son expérience professionnelle? Vers qui se tourneront-ils? Pas vers les organisations de développement économique car si ces dernières sont bonnes pour monter des projets d’affaires, elles ne sont en aucun cas habilitées à résoudre les problèmes familiaux et conjugaux ou tout problème qui découlerait d’une intégration ratée. En fait, l’immigration c’est bien plus que d’attirer du monde. Bien des gens ont envie de quitter leurs pays d’origine pour des raisons économiques, politiques ou encore pour leur propre épanouissement professionnel. Mais le choc est dur pour ceux qui arrivent avides de démontrer leur désir de contribuer et participer de manière effective au développement socio-économique et culturel de nos provinces atlantiques. Il nous faut donc être conscient que les immigrants ne sont pas des géniteurs chargés seulement de repeupler le pays et revigorer l’économie. Les immigrants sont des êtres humains avant tout et dans toute leur complexité. Il n’y a pas deux parcours semblables, il y a des vécus, des expériences et chaque cas est à traité avec respect. Il y a dans nos provinces atlantiques des hommes et des femmes qui tous les jours défendent les droits des nouveaux arrivants. Ils travaillent d’arrache-pied à faciliter l’adaptation des immigrants en offrant des cours de langues, des services de garde à la petite enfance, en donnant des formations sur la rédaction de C.V.; sur le déroulement d’une entrevue et son suivi. Ces femmes et hommes sont pas seulement salariés, certains sont bénévoles et mettent des heures incroyables à promouvoir la juste cause des immigrants. L’immigration c’est bien que des chiffres. Cela commence par l’accueil, l’établissment, l’intégration socio-économique, la valorisation du patrimoine culturel et sa place dans le multiculturalisme et vient ensuite la rétention. Malheureusement, nos provinces de l’Atlantique ne font pas l’objet de promotion agressive, mais plus encore nos populations longtemps isolées s’ouvrent petit à petit. Il ne faut pas croire que les locaux sont racistes ou xénophobes, non ils sont seulement insulaires. Il nous faut aussi sensibiliser les populations locales, les corps de métiers, les corporations professionnelles. Mais il nous faut aussi miser sur le concept de citoyenneté car sans éducation ni sensibilisation rien n’est possible. Il nous faut aussi donner à nos localités les outils et la formation nécessaires pour réussir accueil, établissement, intégration et rétention. Enfin, last but not least, les nouveaux arrivants doivent saisir les mécanismes de communication de leur société d’accueil car c’est là un obstacle pour bon nombre d’entre eux. Bref, nous avons pas mal de travail à faire si nous désirons positionner les régions rurales comme sociétés d’accueil accueillantes. Posted by Hello